Le Mardi à Monoprix / 2017

Le Mardi à Monoprix
photo prise en répétition au Grain à Moudre, Samatan

D’après Emmanuel Darley

Mise en scène Eric Vanelle

Avec : Delphine Saint-Raymond § Marc Compozieux

Musique : Gilles Carles § Philippe Cataix

 

 

Ici le dossier complet du spectacle Le Mardi à Monoprix !

Avec le soutien de la Région Occitanie, du Conseil Départemental de l Haute-Garonne, de la ville de Toulouse, de l’Espace Job, du Centre culturel Alban Minville, de la MJC du Pont-des-Demoiselles et du Grain à Moudre.

 

Le Mardi à Monoprix/ TEL QU’ELLE – article publié le 31 janvier 2017 – Manon Ona, Le Clou dans la planche

 

Le Mardi à Monoprix
©MonaLeCloudanslaplanche

« Il [Eric Vanelle] n’a pas habitué le public à ce dépouillement, ni dans la direction de l’acteur, ni dans le rapport au plateau – sobre et délicate scénographie, glissons-le d’emblée, qui fait la part belle à la lumière (Paulin Brisset), usant de lumignons comme d’une suggestion de présences humaines, notamment pour faire vivre l’intérieur de Monoprix. C’est dans ce magasin que Marie-Pierre se rend tous les mardis avec son père, dont elle prend soin de façon hebdomadaire et méthodiquement organisée, répétant chaque semaine le même planning, les mêmes gestes, les mêmes absences de conversation. Le mardi, c’est sacrifice de l’enfant pour le père, c’est silence, regards obliques. Le mardi, c’est bête de foire : aussi féminine soit-elle, Marie-Pierre n’évince pas tout à fait Jean-Pierre. Et le pater… disons qu’il a du mal à digérer la transformation. […]

Une épure étonnante, loin des chassés-croisés mouvementés des précédentes créations, où se lisait perpétuellement l’héritage du vaudeville. Le spectacle y gagne une sorte d’abstraction, une patine contemporaine très appréciable. La mise en scène s’autorise même des séquences assez longues d’immobilité au plateau (immobilité à nuancer par la vivacité du signe, évidemment) : Marc Compozieux surprend par un jeu extrêmement rentré, une diction douce et plus linéaire que ce que l’on pourrait imaginer face au personnage ; une interprétation qui laisse le texte révéler ses aspérités sans le surcharger. Il y a là une grande humilité de l’acteur, qui rend le personnage diablement attachant. La coprésence d’une comédienne et d’un comédien n’est pas reçue comme un contraste sexué : tous deux sont femme, tous deux sont homme s’il le faut ; ne serait-ce que pour faire vivre la présence du père. Delphine Saint-Raymond assure, par le caractère expressif de son interprétation signée, les émotions les plus marquées – c’est elle qui obtient les sourires dans la salle. Marc Compozieux vient chercher quelque chose de plus trouble. […]

Un beau solo en pas de deux, escorté par les compositions de Gilles Carles et Philippe Cataix, du duo L’Empreinte. »

 

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